Avis des bibliothécaires


La disparition de Stéphanie Mailer


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Comme les précédents romans de cet auteur, celui-ci est foisonnant. De multiples personnages immergés dans des situations bien maitrisées. Un récit alternatif entre les époques et les narrateurs, une écriture agréable, travaillée pour maintenir une attention maximale chez le lecteur…On pourrait presque oublier les quelques embuches telles que le côté un peu répétitif de certains passages, les impasses de l’enquête, la caricature de certains personnages… Enfin, pour ceux qui s’étonnent de trouver cet opus dans les romans policiers, difficile de faire autrement : c’est bien de crime, d’enquête et de coupables dont il est question.

Tension extrême


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Glaçant ! L’intelligence artificielle est à la manœuvre dans ce polar mené tambour battant. Et ce n’est pas rassurant de constater que l’humanité vient probablement de se trouver un nouvel ennemi effroyablement redoutable. Très bien documenté, ce sujet retors parvient toutefois à rester intelligible par des non-initiés. Mais qu’on se rassure, les limiers de la PJ n’ont pas dit leur dernier mot ni abandonné leur intelligence…bien humaine celle-ci !

L'affaire Mayerling


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Notre habitat aurait-il une influence sur nos comportements ? Dans ce petit roman original et plein d’humour, on apprend que cette espèce marginale que sont les architectes, est à la fois dangereuse et malfaisante. Parfois ubuesque, souvent perfide et toujours ironique, cette histoire un brin « surnaturelle » ne peut que vous distraire. Cet objectif semblant être celui de l’auteur qui a su donner à son écriture toute la souplesse nécessaire aux turbulences du récit. Une parodie qui donne le frisson, toutefois !

Toutes blessent, la dernière tue !


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Du Giebel façon « Meurtre pour rédemption » ! Pas le temps de souffler. C’est dur…très dur…trop dur ? On est bien tenté de le croire. Pourtant, la tension du récit est extrême. 700 pages de suspens et d’angoisse, 700 pages qu’on ne peut pas lâcher, au cours desquelles on espère…que ça s’arrête, que l’on puisse respirer, enfin ! Cette plongée dans l’enfer nous laisse exsangues avec au cœur, un personnage qu’on n’est pas prêts d’oublier.

Couleurs de l'incendie


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Un « virtuose du roman » ! Voilà une des définitions de cet auteur captivant. Et n’ayons pas peur des mots…c’est vrai ! D’emblée le récit s’envole et les pages se tournent de plus en plus vite. La recette : des évènements qui s’enchainent, des péripéties haletantes et des personnages à la Balzac. Qui, de ce fait, n’échappent pas à la caricature, teintant le récit d’un humour permanent, parfois grinçant. Le tout dans un contexte historique et social très finement restitué. Ce deuxième volet de la série commencée avec « Au revoir là-haut » tient ses promesses. Vivement le troisième !

Ceux qui s'aiment


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Dire de ce roman que c’est un roman d’amour n’amène rien à la définition de sa substance puisque c’est une évidence. Ce qui le définit vraiment, ce sont les sentiments complexes et contradictoires qui s’en dégagent : ils forment une montagne russe, un kaléidoscope. Les chapitres sont courts mais denses. La plume a cette légèreté agréable et trompeuse de qui veut séduire puis achever,  par une phrase lapidaire un lecteur trop attendri. Tout cela dans la violence, la crudité choquante mais aussi l’humour et la poésie d’un auteur singulier. Et toujours cette question : Qui est le « narrateur » ? Lui ? En partie. Est-ce vraiment son épouse, l’héroïne involontaire de cette incandescence ? La question taraude et l’auteur joue sur cette ambiguïté.  Il a, dans une interview, révélé que bien malin serait celui capable de démêler le faux du vrai. Accordons-lui ce mystère !

 

Les loyautés


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Hélène, l’enseignante. Théo, l’enfant écartelé d’un divorce acide, Mathis, l’ami de Théo qui nage entre deux mondes et Cécile, la maman de Mathis qui voit s’effondrer son univers en même temps que son psychisme. Le ciment qui relie ces personnages : la loyauté. Le titre le proclame. Pourtant, il faut chercher dans cette histoire fade et convenue, pour s’en convaincre. D. de Vigan nous avait habitués à beaucoup plus de consistance et ce petit roman est décevant, presque insipide. Où est la magie de « D’après une histoire vraie » ? La captation irrépressible du récit ? Ensuite on peut toujours partir sur les pistes philosophiques de « Ces promesses silencieuses, ces dettes invisibles, ces pactes tacites que nous abritons parfois sans en avoir conscience » comme le dit l’auteure. Mais franchement…en avons-nous envie ?

Et vous avez eu beau temps ?


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Pourquoi ce diable d’homme va-t-il ainsi butiner avec espièglerie dans nos expressions coutumières ? Nous brandissant devant le nez un miroir dont on se passerait bien. Excessif ce miroir? Tout dépend de la valeur qu’on lui donne, de l’introspection qu’il déclenche, des images que l’on croyait indéboulonnables et qu’il bouscule. Ces chapitres ultra courts, sont autant de décryptages ironiques, subtils, tendres ou piquants, parfois obscurs mais toujours implacablement pertinents. Pourtant, ne vous y trompez pas. Ce petit livre de 158 pages vous semble pouvoir être lu très rapidement ? Pas si vite si vous voulez vraiment entrer dans l’univers de Delerm pour qui l’écriture ne doit jamais céder à la facilité. Et pour vous en convaincre en voici un petit extrait à méditer : « On ne saisit vraiment qu’en laissant s’échapper » !

Bakhita


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V. Olmi a écrit un destin, le portrait parfois insoutenable d’une existence vouée à la douleur et au sacrifice. A la fois pudique et cruel, ce récit est de ceux qui laissent quelque chose dans l’âme du lecteur. En plongeant dans les profondeurs abyssales de la bestialité, l’auteur a su éviter l’écueil de la surenchère. De la religion non plus il n’est pas fait d’excès. Madre Giuseppina Bakhita est devenue une sainte à qui l’on attribue des miracles. Mais le plus grand miracle n’est-il pas sa survie ? Parce qu’il est difficile de concevoir la réalité de ce que vous lirez, voici un portrait de Madre Bakhita.

La villa rouge


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Attention ! Ce livre-là pourrait bien vous valoir une nuit blanche ! Pour une fois l’éditeur n’en rajoute pas quand il parle d’une « intrigue magistrale ». Effectivement, il devient difficile de quitter la lecture quand on l’a commencée et c’est quasiment impossible dans la dernière ligne droite. Du bon, du très bon suspense dans ce polar écrit par un maître du genre.

La serpe


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Lançons les paris ! Combien de valeureux lecteurs arriveront au bout des 643 pages  de ce Prix Femina ? (Sans tricher, hein !). Non pas que le sujet soit insipide, loin de là : tenter de résoudre un triple crime resté insoluble tout en  révélant la biographie du présumé coupable, tout cela sous l’occupation allemande,  il y a de quoi capter l’intérêt du lecteur le plus blasé. Sauf que Jaenada digresse, digresse…revient en boucle sur ce qu’il a déjà dit, intercale les époques, tente un humour dont on finit par croire qu’il n’a d’autre but que de rallonger encore et encore une sauce déjà soporifique. Sans parler des listes interminables d’auteurs, comédiens et metteurs en scène, protagonistes, policiers…Bref ! On finit par se demander si on trouvera un jour la sortie de cette histoire labyrinthique. Encore un Prix Littéraire qui respecte la tradition : Assommant !

 

Le diable du ciel


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Ce livre est-il un roman ? Disons plutôt le récit argumenté d’un massacre qui n’a malheureusement rien d’une fiction. Remercions l’auteur pour l’attention qu’il a porté à rendre compréhensible par des non-initiés les multiples terminologies techniques indispensables à son propos. Ceci dit, chercher à expliquer l’inexplicable est une gageure pour n’importe qui. Pourquoi ce grand malade a t’il entrainé 149 personnes dans la mort ? Que s’est-il passé dans sa tête et quel aveuglement, indifférence, lacunes ont conduit à ce désastre ? Beaucoup de questions, peu de réponses. Alors l’auteur se tourne vers l’absurde. Un soit disant Diable qui aurait pris les traits du co-pilote ! Qui est preneur d’une telle faribole ? En restant lucide, l’auteur nous aurait épargné une bonne centaine de pages de divagations indigestes sans pour autant rater son objectif : présenter une synthèse sérieuse et commémorative de l’invraisemblable.

Incidences


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S’il fallait choisir un adjectif pour parler de ce livre, ce serait : dérangeant. D’abord à cause de nombreux détails absents du récit et qui vibrionnent comme une mouche agaçante tout au long de la lecture. Ensuite parce qu’on ne parvient jamais vraiment à cerner ce Marc, autour duquel l’auteur déploie une palette importante de nuances, allant d’un humour léger à la profondeur douloureuse d’une enfance martyrisée. Enfin, et même si pour Djian, cela semble secondaire, on aimerait pouvoir reprendre pied dans une histoire qui s’intensifie sans jamais perdre de son opacité. Ce roman a été adapté sous le titre « l’amour est un crime parfait ».

Summer


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Sur la forme, on a affaire à un roman verbeux, opaque, à l’écriture ampoulée et lassante. Sur le fond, on peut reconnaitre à l’auteure la qualité d’avoir su habilement porter au jour des personnages et des vérités effectivement masqués par des apparences, reluisantes mais trompeuses. Malheureusement, ça ne suffit pas à maintenir l’intérêt tant les digressions sont nombreuses et assommantes. On peut aussi regretter une fin un peu bâclée.  

La disparue de Noël


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Il s’agit de la troisième enquête de Tom Douglas. Ce qui n’empêche nullement de lire cet opus indépendamment. Comme souvent dans ce type de romans, plusieurs fils s’entrecroisent pour se rejoindre à la fin. Et si l’on s’interroge quand même un peu sur la grosseur des ficelles qui relient tout ça, on se laisse happer par les enchainements et les aspects psychologiques des personnages. C’est prenant, rapide, divertissant… jusqu’à une  fin ouverte qui  laisse espérer une suite.

Toutes les familles heureuses


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Ce livre est roman autobiographique. Ca n’en a pas l’air mais ces deux termes juxtaposés forment un véritable dilemme pour un bibliothécaire. Est-ce un roman ? Ou une biographie ? C’est que ce n’est pas la même chose. Finalement cet opus restera dans les romans et pour une raison simple : il n’a pas la richesse attendue d’une biographie. Un écrivain raconte son enfance malheureuse auprès d’une mère indigne. Voilà, c’est tout, et sincèrement, ç’aurait pu être une fiction comme il y en a tant sur le sujet. On ressent ce livre comme une catharsis, une voix qui a besoin de faire entendre le récit intime d’un homme blessé. Vu sous cet angle, maniant tour à tour l’humour et l’émotion, voire la compassion pour cet enfant, l’auteur propose un livre sans attrait particulier mais qui se lit sans difficulté.

Le couple d'à côté


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Plus thriller que roman policier, ce premier roman comporte des lacunes. En effet, si l’intrigue se met en place sans fausse note, les égarements psychologiques des personnages sont vite dissonants et gênent la concentration du lecteur sur le drame et son contexte. Que se passe-t-il lorsque les révélations s’enchaînent trop rapidement ? La bonne chose, c’est que les pages se tournent très rapidement. La moins bonne, c’est que l’on s’attache trop aux faits au détriment des liens, des méandres, des ambiances qui font le sel des thrillers. Nonobstant ces détails,  ce roman reste quand même attractif et se lit facilement, sans que l’idée sordide de l’enlèvement du bébé ne soit trop prégnante.

On la trouvait plutôt jolie


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Décidément, les migrants font recette chez nos auteurs français ! On comprend qu’ils ont à cœur d’étaler leur bonne conscience mais là, vraiment, un peu de mesure n’aurait pas nui à l’intérêt du livre. Que de clichés ! On a toujours le style « Bussi », un style accrocheur. Mais, de grâce, les femmes « exceptionnellement belles », les destins très tragiques, les personnages très manichéens, le flic très amoureux, le happy end très prévisible…ajouté à une intrigue déroutante au point qu’on ne sait plus vraiment où l’on est… tout cela fini par lasser. On a beau savoir que c’est une fiction, trop d’ingrédients gâchent la sauce !

L'essence du mal


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C’est un roman binaire. Si l’intrigue ne reste pas longtemps absente du récit, l’auteur fait la part belle à la région : les Dolomites, à la psychologie (parfois torturée) des personnages et à une histoire de couple plutôt banale. Pour autant les rebondissements ne manquent pas, ils sont même (peut-être) un peu trop nombreux. Un peu trop opaques parfois, quand le psychisme le dispute à la réalité, au point que l’on risque de s’y perdre. Mais, au-delà du titre accrocheur, et malgré quelques longueurs, le roman finalement, tient ses promesses. Il nous offre une intrigue solide et une lecture facile.

 

Entre deux mondes


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Olivier Norek, c’est de l’action, des romans visuels, les rouages d’une police vue de l’intérieur, un style qui ne se prétend pas littéraire mais qui s’attache à faire vibrer le lecteur. Là, c’est différent. Bien sûr, dans la forme, on retrouve tout ça. Mais dans cet opus, Norek emprunte la voie de J-C Ruffin et nous impose ses thèses manichéennes, romancées et parfois caricaturées jusqu’au ridicule sur un sujet qui divise. Sur les migrants, des dizaines de documentaires ont été médiatisés et c’est un copier/coller qu’on retrouve ici, arrangé à la sauce « Club des cinq ». Il faut toutefois reconnaitre que l’auteur n’a pas lésiné sur la préparation de ce roman. Du départ jusqu’au camions de Calais en passant par la vie dans la « Jungle » et l’aspect policier, administratif, rien n’a été négligé. Le problème : Ce côté redresseur de consciences, est-ce vraiment ce qu’on attend d’un « roman policier » ?

Depuis l'au-delà


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Le thème n’est pas une surprise chez cet auteur. Ce qui pose question, justement, c’est la redondance. N’a-t-il pas fait le tour du sujet dans ses précédents livres ? Il faut croire que non. Et s’il y a toujours un fond de loufoquerie, les extraits de « l’Encyclopédie du savoir relatif » sont là pour nous rappeler que le travail documentaire est important. Ces intermèdes ne sont peut-être pas toujours d’une grande utilité mais elles ont l’avantage de pouvoir être lues ou pas. Avez-vous remarqué la plume dans la pupille sur la couverture ? Elle symbolise le deuxième cheval de bataille de Werber : écrivains vs critiques. Les lecteurs jugeront de l’opportunité d’un tel choix. Il peut cependant devenir très vite assommant. Il reste enfin à signaler la collaboration à cet ouvrage de Patrica Darré, célèbre médium, qui apporte au récit un éclairage autorisé.

L'amante de la tramontane


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L’humour dans un polar. Pari risqué. Surtout quand  le trait est à ce point épais. Le roman est construit autour de deux personnages caricaturés et d’une traque pittoresque, pour ne pas dire déjantée. Les dialogues se veulent plus vrais que nature, tant, d’ailleurs, qu’ils en  deviennent parfois difficilement compréhensibles. Au final, un imbroglio fantaisiste qui ne convainc pas et  agace même, tant l’auteur insiste sur l’aspect ubuesque des situations. Mais en matière d’humour, difficile d’être impartial. A chacun donc de juger de la chose !

Les orphelins du bout du monde


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du grand romantisme au milieu des paysages Australiens, c’est la principale définition de ce roman. En effet, les protagonistes  et le scénario correspondent aux critères du genre : manichéens à souhait ! Ce qui a pour effet d’offrir des premières pages captivantes, puis une certaine monotonie s’installe. Malgré les louables efforts de l’auteure pour instiller des rebondissements, l’histoire est rapidement cousue de fil blanc.  Qu’importe puisque finalement, ce récit remplit parfaitement son office : dépaysement garanti et lecture fleuve assurée.  

La beauté des jours


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Claudie Gallay s’attache à décrire le grain de sable qui fait basculer le quotidien ordinaire de femmes, elles aussi, ordinaires. Comment créer le suspense avec autant de banalités ? Difficile en effet. C’est pourquoi les premières pages sont aussi ennuyeuses. Ensuite, et sans que l’on s’en rende vraiment compte, on s’attache aux personnages, à leur évolution. On se prend dans la toile savamment tissée par l’auteure, probablement parce que l’univers du quotidien a ceci d’universel qu’il est partagé par beaucoup d’entre nous. Des chapitres courts livrant des éclairages rapides sur les différents protagonistes, sur leur relation, voilà sans doute en quoi l’écriture est captivante. Au final l’intention de l’auteure est claire : démontrer par la fiction l’importance de vivre ses rêves

Qui ne dit mot consent


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Ce petit roman raconte l’emprise psychologique, destructrice, d’un pervers narcissique. Et cela au sein d’un couple étonnamment normal…en apparence. Il semble que l’auteure n’oublie aucune nuance, aucun rouage, aucun détail de cette machine à broyer. Même si le trait est épais, on ne peut empêcher à la fois l’empathie, la colère et le dégoût de nous attacher à ce livre. Il faut dire que l’écriture d’Alma Brami est particulièrement soignée : Comme sur une partition, chaque note compose la mélodie et chaque note est importante. Préparez-vous à une lecture intense…et perturbante !

L'ordre du jour (Prix Goncourt 2017)


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Ce qui frappe dans ce récit implacable, c’est le ton. Il est cinglant. L’auteur méprise les protagonistes, il les haïe  et son écriture stricte, acide et percutante n’épargne aucun portrait. Il emploie le présent pour narrer le déroulement de ce qui fut un des plus terrifiants spectacles d’hypocrisie, de lâcheté et d’ignominie de tous les temps. Sous la plume de Vuillard, se dessine nettement le scénario du pire. Même les digressions illustrent le propos avec pertinence. Tous ceux qui s’intéressent à cette période de l’histoire y trouveront des réponses. Les autres liront ce récit comme un roman tant le rythme est rapide. Hélas ! Ce n’en est pas un.

Belle d'amour


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C’est donc « à priori » un roman médiéval. Mais c’est aussi et beaucoup, un ouvrage exposant les nombreuses théories de l’auteur sur les religions et leur parallèle avec notre époque. On y trouve : du vieux français, explicité en marge ; des digressions nous ramenant au XXI e siècle ; un récit des Croisades adapté aux évolutions du roman et une héroïne qui souffle son récit à l’oreille de l’auteur. Le tout baignant dans un contexte de luxure, de violence et de dépravation assez repoussant. C’était ainsi au Moyen-Age, bien sûr ! Mais il faut chercher loin quelque chose de courtois dans « l’amour » ici décrit ! Bref ! Ne vous attendez pas à plonger dans l’univers des Jeanne Bourrin ou Carole Martinez. Après cette lecture, parions que FOG ne gagnera pas beaucoup d’assiduité dans son lectorat.

Une seconde d'éternité


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Ce petit livre est une histoire romantique sur fond d’amour filial. Parsemé d’aphorismes, rythmé d’un curieux mantra : « Si le futur avait pu me téléphoner », rien dans ce roman ne retient particulièrement l’attention si l’on excepte quelques jolies phrases. A lire comme un conte moderne qui s’enlise un peu parfois mais qui reste désespérément prévisible.

 

La disparition de Joseph Mengele


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« Seule la forme romanesque me permettait d’approcher au plus près … » Par ces mots, l’auteur dissipe le doute, il s’agit bien d’un roman. Pourtant, par l’importante documentation, l’écriture nerveuse et les précisions historiques et géopolitiques, on aurait pu croire lire un essai. Qu’est-ce qui peut nous pousser à lire un livre consacré à l’abomination qu’était Mengele ? Il y a de l’imposture morale à faire de ce monstre un personnage de roman. Il s’agit, certes, d’une lecture difficile, glaçante, mais gratifiante : sa fuite aura était son calvaire, piètre consolation. Entre la bienveillance des uns et l’amnésie des autres, ce psychopathe dénué de remords et de tout sens moral aura réussi à échapper au Mossad, à Simon Wiesenthal, aux  Klarsfeld ….mais pas à sa déchéance. Un Renaudot dérangeant qui, sans son prix littéraire prestigieux, n’aurait pas été beaucoup lu.

Trois jours chez ma tante


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C’est un curieux petit livre. Ecrit de manière linéaire, sans ponctuation de dialogues, ce qui gêne passablement la lecture. Une lecture assez banale au début mais qui finit par piquer la curiosité. Grâce surtout au curieux personnage principal. Un drôle de coco dont le portrait s’alourdit de page en page. Au point qu’on en vient à regretter la fin du roman : Après nous avoir emprisonnés dans un doute raisonnable, l’auteur nous lâche bêtement alors qu’on s’attend à une apothéose de révélations. Que se trame –t’il vraiment autour de Marcello ? A la manière des « Diaboliques » de Clouzot, les femmes qui l’entourent montrent-elles leur vrai visage ? Mais laissons à Y. Ravey le choix de sa solution finale. Même décevante, elle lui appartient.

Sharko


Pour ceux qui suivent l’auteur, aucune surprise. On retrouve dans cet opus tous les ingrédients habituels : violence extrême, rythme et suspense permanent, personnages récurrents et …documentation pointilleuse. Et voilà le problème ! Il y en a trop. C’est intéressant, bien sûr,  les exposés médico- scientifiques sur le sang et les maladies à prions. Mais est-ce indispensable d’avaler cette somme de connaissance pour poursuivre l’aventure ? Alors que les fils sont tendus, les révélations imminentes et les attentes sur le point d’être comblées, Thiriez nous fait un cours ! Agaçant. Mais son talent d’auteur et de scénariste est indéniable, on lui pardonne donc ce léger défaut.

 

Tout un été sans Facebook


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Le problème avec l’humour c’est qu’il n’est pas universel. Donc, quand un auteur opte pour cette forme, il prend un risque qui va parfois jusqu’à verser dans l’absurdité. Dans ce roman, qui se veut policier, l’ennui des longues tirades sur la littérature annihile rapidement ce qui pourrait faire sourire. Quant au titre, (mais à quoi s’attend-on au juste ?) il reste une énigme jusqu’à la fin du livre. Tout juste l’auteur lui concède t’il quelques clins d’œil par ci, par là. Et ce n’est pas, hélas, l’écriture de Puertolas, d’une grande banalité, qui sauvera l’ouvrage d’un probable désintérêt.

 

Quelques jours de nos vies


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Sur la forme, il s’agit d’un roman sentimental à  l’histoire banale, pour ne pas dire mièvre. Sur le fond, par contre, ce roman questionne en permanence chacun d’entre nous sur cette question existentielle : Et si c’était à refaire, sachant ce que nous savons, que changerait-on ? Vaste programme, d’autant que ce que nous pourrions modifier pourrait avoir l’effet contraire à celui recherché. Le fameux effet papillon. Voilà en quoi ce roman se distingue d’une simple bluette, même s’il est vrai qu’un contenu un peu plus consistant aurait été apprécié. Un peu plus court aussi, la platitude du scénario ayant tendance à lasser. Quant au quatrième de couverture, rassurez-vous, il est encore une fois excessif : les mouchoirs peuvent rester au placard !  

Le jour d'avant


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Il faudra attendre le dernier tiers du livre pour comprendre le titre qui, comme souvent n’est pas anodin. Ce roman est un hommage aux mineurs, ça ne fait aucun doute. Hommage auquel se mêle une histoire assez obscure qui ne se dévoile, elle aussi que tardivement. A ce stade, on ne peut qu’adhérer. Chalandon est fidèle à lui-même : un écrivain puisant aux cœurs des hommes des sentiments purs mais fragiles comme la solidarité, l’amitié, la fratrie…Les opposant aux remords, aux chagrins, aux deuils…Tout cela avec l’écriture élégante qu’on lui connait. Pourtant dans cet ouvrage, la dernière partie du livre est décevante. Inhabituelle, trop longue, ennuyeuse et bien peu convaincante. C’est dommage. Les éléments étaient réunis pour finir en apothéose, l’émotion devait être au rendez-vous, mais la magie n’opère pas. La faute au procédé sans doute, inadapté et mal maitrisé.

 

Au fond de l'eau


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Il est toujours difficile de rester à la hauteur d’un best-seller. Après « La fille du train », Paula Hawkins devait tenir ses promesses et même plus pour séduire des lecteurs exigeant aussi bien, sinon mieux. Evoqué lors des rencontres lecture de la bibliothèque, ce titre n’avait pas suscité d’engouement : Trop de personnages différents se croisent, les surnoms utilisés pour les désigner embrouillent les idées et de trop nombreuses situations se juxtaposent. La rivière omniprésente devient encombrante. On a du mal à suivre et, sans mauvais jeu de mots…on se noie dans l’histoire ! Tout cela est vrai. Pourtant  il reste l’ambiance délétère d’un petit village anglais. Une communauté où les suicides douteux finissent par empoisonner les relations. Des individus baroques qui nous font penser (pour ceux qui connaissent) aux impressionnants castings des « Barnaby » et une intrigue bien travaillée (trop ?) qui   ne dévoile rien avant le dernier chapitre. Une lecture qui exige concentration et témérité.

Ils vont tuer Robert Kennedy


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Quel pensum ! Il est vrai que depuis la trilogie de « L’Emprise » on voyait s’éloigner le captivant « La chambre des officiers ». Mais là, on a beau aimer l’Histoire, et même s’intéresser plus particulièrement à l’énigme Kennedy, la narration est indigeste, ennuyeuse et rébarbative. Autant prendre un documentaire sur le sujet. Il est pourtant bien clair que Marc Dugain nous a vendu son texte pour un roman. On est donc en droit de s’attendre à des dialogues, des rebondissements, des scènes captivantes… Rien de tout ça. Quelle déception ! On se noie dans des étalages de manœuvres politiciennes, on s’embourbe dans une théorie du complot cent fois ressassée et on finit par perdre tout espoir de voir enfin un quelconque scénario démarrer. Espérons que cet auteur pourtant talentueux nous revienne avec des fictions plus attractives.

Témoins à charge


{NOTICE:9782812921544}

Au risque de contrarier les avis de presse, la personne non (ou peu) initiée ne retrouvera pas grand-chose de l’affaire Grégory. Les deux personnages principaux sont un avocat et une femme, lieutenant de police. Il s’agit d’éviter une erreur judiciaire concernant un individu marginal et les  victimes sont des adultes. Tout cela au sein d’une affaire de famille. Famille bourgeoise n’ayant aucun rapport avec les Villemin. Bref, il faut soit beaucoup de souplesse, soit connaitre des rouages cachés (bien cachés) de l’affaire pour y voir des similitudes. Hormis cela, c’est un policier plutôt bien construit, malheureusement ponctué de coquilles (fautes d’orthographe, tournures incorrectes…) qui pourraient mettre à mal la réputation de l’auteur s’il n’en était à son onzième livre. A lire donc, sans chercher de référence à « L’affaire » ni même au tragique destin de son auteur.

La dernière licorne


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Comme tous les romans à thème, il vaut mieux pour lire celui-ci, être intéressé par le sujet. Sinon, malgré la mise en scène façon « Da Vinci Code », ça devient vite indigeste. Et pour tout dire, on ne comprend pas très bien après quoi ils courent, au juste, les héros. Ni en quoi l’équilibre du monde est en jeu. Mais bon ! Il faut bien  délayer toute cette connaissance que distille l’auteur. Et sans une bonne dose d’improbabilité, c’est quasiment mission impossible. Il vous reste donc, lecteur, à vous laisser emporter au pays des licornes sans trop vous poser de questions, ni espérer de révélations fulgurantes. Ou alors juste une hypothèse, disons …originale !

Le dernier prophète


{NOTICE:9791031003368}

Il s’agit d’un roman de politique fiction. Vous y trouverez l’agonie de la 5 ème république et l’autopsie du système politique actuel. Tout cela sur fond de jeu d’échec. De quoi rebuter un lecteur qui ne s’intéresse ni à l’un, ni à l’autre ! Il est vrai que certaines pages peuvent être passées rapidement sans nuire à l’essentiel. Néanmoins, l’histoire se laisse lire car l’auteur distille ses éclairages avec parcimonie et nous incite à le suivre jusqu’au bout. D’autant que c’est de manière à peine voilée que les protagonistes des dernières élections sont mis en scène, révélant au passage  des stratagèmes, grossiers sans doute, mais piteusement réels. Pour reprendre un terme de l’auteur, vous en entrant dans ce livre, vous entrez dans l’E-stoire !    

Mes mots sont les fleurs de ton silence


{NOTICE:9782265116856}

Sous ce titre enchanteur se cache une fable agréable à lire. Certes, l’aspect manichéen du récit grossit un peu trop les ficelles, mais ça a le mérite de clarifier l’intention de l’auteur. Sa morale est d’ailleurs limpide, teintée d’un humour léger pour dédramatiser la situation.

On peut cependant regretter une fin non aboutie : Comment Arnaud, fort de ses vœux rédemption, va-t-il l’appliquer ?  Comment va réagir son entourage à ce nouveau père, nouveau mari, nouveau patron…. ? Dans le droit fil du récit, on peut imaginer une apothéose du genre « Ils vécurent heureux…etc » C’est probablement pour ça que l’auteur n’a pas jugé bon de l’écrire.

Ne dis rien à papa !


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F-X Dillard est un auteur qui devient vite addictif. Après « Austerlitz 10.5 » qui nous a plongés dans une angoisse morbide, l’auteur récidive, cette fois sur le thème de la maternité. On s’en doute, il ne s’agit pas de tendresse. Mais de là à imaginer le machiavélisme de l’histoire… Quand enfin on parvient à lier tous les fils épars entre les scènes, quand on commence à entrevoir ce qui va probablement advenir, il nous reste encore quelques voiles à lever pour découvrir l’ampleur du désastre. Et quand on en arrive là, le roman est terminé et …on attend le prochain avec impatience !

Les lumières de Cape Cod


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Ce genre de roman peut être facilement ennuyeux. B. Williams évite cet écueil en alternant les époques, pas si éloignées d’ailleurs, juste deux années, et  les récits des deux principaux protagonistes. Sur le contenu, pas de surprise : du romantisme. On peut toutefois signaler  l’évolution sensible du personnage de Tiny et une immersion dans les mentalités de l’époque quant à la condition féminine. Passion, pouvoir, mensonges…le quatrième de couverture est conforme au contenu. « Les lumières de Cape Cod » ne seront pas éternelles mais offrent un bon moment de lecture.

La ferme du bout du monde


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Les Cornouailles, ici largement décrites donnent la note la plus attachante de cette histoire. Pour le reste, l’auteure nous livre le récit  assez banal  d’un secret de famille évidemment relié à la seconde guerre mondiale. Elle y ajoute la dose convenue d’amours  contrariés et évoque des personnages sans grande originalité, parfois même pathétiques. Quant à la fin du roman que l’on souhaiterait au moins surprenante, elle est presque évidente. Ce livre porté par la critique, n’offre finalement qu’une lecture lassante, un peu mièvre, que l’on peine à finir.

La tresse


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Sans mauvais jeu de mots, on peut dire que ce petit roman est remarquablement « tressé » ! D’ailleurs la métaphore se retrouve en filigrane un peu partout dans le récit. Et, quand finalement, l’image finale apparait, on se dit que derrière le conte se cache une réalité implacable. Une sorte d’effet papillon qui, à la réflexion pourrait bien concerner de nombreux domaines de l’existence. C’est donc sans jamais perdre de vue son objectif que l’auteure nous narre un extrait de la vie de ces trois femmes. C’est prenant parce qu’elle  va à l’essentiel. Touchant,  par la mise en lumière de valeurs capitales (l’amour maternel, le courage…). Troublant par l’ampleur de la réflexion qu’elle suggère. Un premier roman encourageant !

Ragdoll


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Les auteurs de polars contemporains ont un but : trouver le crime le plus sordide. Aucun doute, Daniel Cole y est parvenu ! Cependant, ce détail ne suffit pas pour atteindre l’excellence. Que manque-t-il à « Ragdoll » pour faire que ce thriller sorte du lot ? De la cohérence, de la crédibilité peut-être. En effet, le sentiment qu’on a raté quelque chose poursuit le lecteur jusqu’à la fin. Et c’est dommage parce que le suspens, le rythme, les rebondissements, les personnages et l’emprise sur eux de leur métier, tout est là pour créer l’ambiance. Jusqu’au héros, pour une fois, atypique qui donne la note de singularité au récit. Un  avis mitigé, donc, mais pas négatif.

Selfies


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Dans ce roman, le démarrage est vraiment perturbant. Après les portraits des protagonistes, plusieurs affaires se juxtaposent sur fonds de guerre des services et, pour ajouter de la confusion, une affaire ancienne refait surface. Mais qu’on se rassure, tout cela va rapidement prendre sens et devenir cohérent. Au final, un beau travail d’écriture pour un roman policier d’envergure.

La fille d'avant


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Un appartement, deux vies, deux femmes et un architecte. Un récit où alternent les vies de la fille d’avant et de celle de maintenant. Principalement centré sur les personnalités de ces deux femmes, le roman échappe à la catégorie « policier ». Pour autant il s’agit d’un thriller psychologique prenant. Bien écrit, techniquement bien construit, la difficulté d’adaptation à l’alternance du début se dissipe assez vite. Et s’il n’échappe pas à la ressemblance avec « La fille du train », ce livre trouve rapidement son propre souffle. Un bon moment de lecture en perspective !

Austerlitz 10.5


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Sur fond d’anticipation, on se retrouve plongés dans un Paris cauchemardesque. Pas seulement à cause des dégâts matériels et humains de la crue. Egalement, et c’est prévisible, par l’amplification des corruptions. Globalement, tout est pareil…mais en pire !  Des politiciens plus arrivistes que jamais, un flic dépressif, une journaliste évidemment très belle, des intellectuels très  pédants, des célébrités tellement décadentes que l’on peine à les plaindre quand elles deviennent victimes. Et puis (c’est devenu un mantra chez les auteurs de RP en ce moment) l’habituel métro et ses mystérieuses coursives. Reste le Louvre, idée originale qui bénéficie de l’expertise de la directrice des relations extérieures de cette vénérable institution (A-L. Béatrix). Les premiers chapitres frappent fort. Très fort. La suite est plus classique, réservant néanmoins un bon suspense

Le journal de Mary


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Ce ne serait qu’une histoire d’amour parfaitement ordinaire s’il ne s’agissait des Kennedy, icônes des années 60. (Jack est le diminutif américain de John).  Les personnages évoluent dans l’ambiance sulfureuse de cette époque, au point qu’on peut douter de certains excès. Mais c’est là l’apanage de l’auteur : prendre ses aises avec la réalité. C’est ce qui fait la différence entre récit et documentaire. Laissez-vous donc porter par l’histoire de ces destins hors norme et tentez d’oublier les lettres qui  sont probablement apocryphes, les passages qui manquent de souffle et les longueurs inutiles.

Le jour du chien


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Les catacombes et autres labyrinthes sont très à la mode. C’est ce milieu que vous propose de découvrir P. Bauwen dans un roman policier qui, certes, tient ses promesses mais ne se démarque pas spécialement. Il y a la dose nécessaire de violence bien saignante, une intrigue noueuse (trop peut-être), des rebondissements en cascade et une technique d’écriture parfaitement adaptée au genre. Bref…suspense garanti et final en fanfare ! Le seul bémol pour les lecteurs assidus de policiers, c’est qu’ils ont tendance maintenant à tous se ressembler, ce qui induit une certaine lassitude.

Vous n'avez pas vu Violette ?


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Dans ces nouvelles où il est question de couples, de mauvais maris, de femmes égarées dans une relation devenue acide, Marie Sizun met l’accent sur ces épouses découvrant soudain l’issue d’une méprise qui devient cruelle. Ces textes sont remarquablement bien écrits, allant à l’essentiel, comme il sied à des nouvelles. Mais pour autant, le décor, l’ambiance des scènes ne sont pas négligés, pas plus que le plaisir de lecture. Avec ces récits, l’auteur entend poser la question de la durée, de la qualité de l’amour. Et elle y parvient. Redoutable !

La maison au bord de la nuit


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C’est la saga familiale par excellence. Dans le périmètre resserré d’une petite île Italienne, les années glissent sur les personnages, les générations, les amours et les rancœurs, malmenés par l’Histoire. Dans ce microcosme, les légendes sont l’essence même de la vie. Naïves au début, les croyances de ces gens simples finissent par imprégner le récit à tel point qu’elles en deviennent la trame. L’auteur utilise des modèles connus, sans grande originalité. Pourtant ce roman est attachant, on s’immisce dans cette famille et on finit par s’y oublier, témoin impuissant mais sensible aux péripéties de leurs destins. A ce titre, « La maison au bord de la nuit » est une réussite du genre.

Je te vois


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Du suspense très "british". Un scénario qui rappelle "La fille du train" et une enquête qui tient ses promesses, même si on se perd un peu entre victimes, prédateurs et invisible pirate informatique responsable de l'organisation criminelle. Malgré certains atermoiements, l'auteure s'attache à multiplier les fausses pistes, toutes plus crédibles les unes que les autres. Jusqu'au dénouement final. Final, vraiment ? A voir. C'est un roman policier qui s'appuie sur le talon d'Achille de la cyber civilisation sans abandonner pour autant la facture classique des romans de M. Higgins Clark où les personnages ordinaires sont héroïques et les bons sentiments omniprésents. Il y manque cependant quelque chose pour le faire vraiment sortir du lot : De l'intensité peut-être.

New-York Odyssée


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La ville de New-York pulse en toile de fonds de ce roman, c’est un fait. Mais cette histoire est avant tout celle d’une amitié soumise à l’épreuve de la maladie et de la disparition (le résumé n’en fait pas mystère). Ce livre a fait l’objet d’une lecture dans les « Rencontres lectures » de la bibliothèque et le sentiment restitué fait état de longueurs et d’égarements aléatoires dans ce texte qui aurait mérité plus de concision. Une  analyse qui se confirme, même si on peut toutefois nuancer et reconnaitre la qualité d’une écriture « à la Fitzgerald ». Servie notamment par des personnages forts, décrits avec tellement de soin qu’ils en sont attachants. Une fois de plus, ce n’est pas « l’œuvre inoubliable » décrite par les critiques mais on peut se laisser séduire par l’énergie caustique qui s’en dégage.

Le tour du monde du roi Zibeline


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Le problème avec les bons auteurs, c’est justement leur excellence. Aussi, quand J-C. Ruffin publie un nouveau livre, on se prépare à s’embarquer pour une aventure au souffle épique avec des personnages bien trempés et une ambiance qui nous transporte. Tout cela servi bien sûr par une plume irréprochable et étoffé par les sentiments humanistes qui animent l’auteur. Dans cet opus, si tous ces éléments sont présents, le récit s’étire un peu trop. Digresse dans des impasses romantiques qui paraissent hors sujet. Bref !  L’enthousiasme s’érode en cours de lecture. D’autant que si le voyage est une incroyable épopée, les méandres en sont parfois difficiles à suivre.

La vallée des ombres


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Dans le monde obscur et cruel de la montagne, la vie des personnages de ce roman est un maelström cynique et malsain. Comme partout, l'Histoire à façonner l'histoire des gens, créant des héros et des vauriens, ruinant et laminant le bonheur. Filiations, vengeances, haines, courage et lâcheté, amitiés et bien sur l'amour, il y a tout cela dans ces pages. Et, imprégnant la moindre parcelle de décor ou d'âme, une sorte de grisaille endémique qui étend son spectre jusque dans les cœurs. Le message est clair : on peut aller très loin pour fuir son enfance et se fuir soi-même. René, lui, n'aura finalement fait qu'un simple détour. Un livre prégnant aux décors remarquablement restitués par une plume experte.

Coeur-Naufrage


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Ce roman raconte de façon attachante et sensible comment toute une vie peut trébucher sur quelques minutes d’abandon. Classique ? Déjà vu ? Oui bien sûr. Sauf que qu’ici, l’auteur nous livre les deux facettes de l’histoire. On s’attache aux personnages, ni bons ni mauvais, étrangement normaux. Se satisfaisant d’une vie d’anti-héros pour panser leurs blessures. Et si d’emblée on les condamne, bien vite on les comprend, les absous. Parce que l’auteur l’a voulu ainsi. Il aurait suffi d’un rien pour que ce roman rejoigne la cohorte des « maux de la vie ». Mais le regard de l’auteur résolument braqué sur les forces vives de la jeunesse, nous évite le côté « Les misérables », aidé en cela par une écriture fluide et vibrante. Lyla (avec un y) et Joris vous propose un voyage vers vos 17 ans. Vous en reviendrez nostalgiques et probablement émus.

Les couleurs de la vie


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Loraine Fouchet nous a habitués à remplir ses romans de bons sentiments à la louche. Cet opus ne fait pas exception. Mais, comme si elle souhaitait équilibrer un peu la recette, elle nous tricote des situations et des personnages un peu extrêmes. Elle utilise aussi des flash-back, nous renvoyant dans l'enfance d'un protagoniste, qui finalement ne sont pas vraiment gênants. Au final elle nous livre une fable sur le thème "la vie vaut-elle le coup d'être vécue" dont on connait la réponse, certes, mais dont les ficelles s'emmêlent un peu parfois, troublant la fluidité du récit. Qu'importe. Les héros, abîmés par la vie, restent frivoles et sympathiques, l'ile de Groix est attirante et si les cœurs sont un peu trop purs (pour la plupart) ils laissent quand même une place à la fantaisie en donnant la parole aux objets qui nous entourent et qui mérite bien ma foi, un peu de considération !

L'île au rébus


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C'est bien de cela qu'il s'agit. D'une enquête au cours de laquelle l'ancien médecin légiste va devoir se livrer à un minutieux décryptage dans l'enceinte du logement de la victime. Mais pour cela il lui faudra apprivoiser une population îlienne peut encline à se confier, surtout à des étrangers. Peter May parvient à restituer avec talent les portraits de ce microcosme, leur mode de vie, leurs liens…et à dévoiler des secrets dévastateurs. C'est un policier bien construit, assez uniforme, avec juste ce qu'il faut de rebondissements pour rester crédible et une bonne dose de mystère et d'inventivité. Seul bémol pour certains, les descriptions de l'île de Groix,  sont peut-être un peu trop nombreuses et détaillées, cassant le rythme et laissant l'attention s'évaporer quelque peu.

Dans l'île / Thomas Rydahl


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Entre roman noir et thriller, il y a une différence d’envergure : le rythme. Ici c’est donc à un roman noir que l’on a affaire. Car c’est long, trop long pour retenir un lecteur perdu dans les méandres de cette histoire compliquée. Corruption, vol, prostitution, détournement de navire, réseaux mafieux et policiers corrompus, tout cela évoluant dans un milieu largement décrit par l’auteur et parsemé d’expressions espagnoles. De plus, le personnage principal, bien qu’attachant, laisse souvent perplexe, de sorte qu’on s’interroge sur sa véritable personnalité. Puis vient (enfin) le moment où les fils se rejoignent. Pourtant, même là, l’action est tellement diluée dans le contexte que l’on peine à restituer les tenants et les aboutissants. Dommage, une écriture beaucoup plus resserrée aurait certainement offert une lecture palpitante.

Je l'ai fait pour toi


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Je l'ai fait pour toi

Une enquête de Samuel Moss

Le personnage de Samuel Moss est un mélange de  Monk et de Patrick Jane (Mentalist). Et à dire vrai, le livre s'attache presque plus à peindre le portrait du héros qu'à l'histoire. Ce qui fait qu'on décroche assez souvent, se demandant quand l'auteur (et son commandant) va reprendre l'enquête. D'autant que le duo formé avec son équipière n'est pas très convaincant, trop stéréotypé sans doute. Quant à savoir qui et comment …c'est l'affaire d'un drôle de Sherlock Holmes qui, comme chacun sait, est omniscient !

Cet été-là / Martin Lee


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Si vous voulez écouter, vous allez devoir me faire confiance. Sinon, refermez ce livre et retournez à votre vie» et plus loin « Peut-être avez-vous décidé qui est bon et qui est mauvais." Au centre du récit choral, une journée : le 5 juillet. En plein été un drame atroce vient frapper une petite ville de l’Indiana. 30 ans plus tard, tous les protagonistes s’expriment sur leur rôle dans ce désastre. Mais l’auteur ne laisse pas le lecteur à son rôle de spectateur passif. Il l’interpelle par quelques phrases agressives et lui interdit ainsi un jugement facile, manichéen, des actes et des gens. Y échappe-t-on pour autant ? Non, pas vraiment. Car si certains se sont retrouvés broyés par les événements, d’autres sont effrayant de lâcheté et d’hypocrisie. Un roman prégnant quoi qu’il en soit. Au final suffisamment maitrisé pour que le malaise persiste une fois le livre refermé.

La vie ne danse qu'un instant


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L’auteure use de romantisme pour  mieux faire passer la somme de connaissances historiques qu’elle diffuse à foison. Certains s’en réjouiront, d’autres pourront être agacés par le contraste entre les situations décrites et la banalité des histoires amoureuses de l’héroïne. Il n’en reste pas moins que cet ouvrage est prodigieusement nourri en détails « vivants » d’une période historiquement difficile. De plus, l’intention de l’auteure étant de tracer aussi un portrait de femme pionnière, il fallait bien trouver un moyen pour que tout cela ne soit pas indigeste et didactique. A chacun donc d’apprécier selon ses critères les deux facettes du roman. Néanmoins, on ne peut pas lui enlever son indéniable richesse.

L'inconnu de Port Bélon


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Ce roman est un hymne à la Bretagne ! Légendaire, touristique, coutumière … et vous saurez tout sur l’élevage des huitres. Seulement voilà, c’est aussi (et avant tout !) un roman policier. Certes il y a enquête. Mais tellement diluée, tellement lente que la sauce ne prend pas. A lire plus comme une intrigue régionale que comme un  polar accrocheur.

 

 

De cauchemar et de feu


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Le récit alterne entre deux époques et  deux pays. Tout en déroulant l’enquête, l’auteur nous instruit chapitre après chapitre des origines des drames actuels. Il n’est pas certain que vous parveniez à relier tous les fils du conflit Irlandais, mais peu importe, cet aspect-là n’est qu’une toile de fond. Menée par des personnages consistants, cette histoire « De cauchemar et de feu » ne vous laisse aucun répit. Un  bon polar français comme on les aime !

Sur les chemins noirs


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Un texte bucolique écrit d’une langue belle et espiègle, voilà ce que l’on est en droit d’attendre de ce petit opus. Hélas ! Si l’écriture est soignée et l’humour narquois omniprésent, la litanie sur la ruralité mourante devient vite pénible. D’autant que l’auteur accable la modernité, en oubliant que s’il peut le faire son périple, c’est en grande partie grâce à ces technologies qu’il vilipende.  Sans elles, en effet, aurait-il put simplement remarcher ? Une réflexion sur l’essentiel et le rapport à la nature, d’accord ! Mais un pamphlet plein de hargne et de rejet pour cette vieille France qui fait ce qu’elle peut…ça agace !

 

Jusqu'au bout


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Dans ce « Koh-Lanta » à l’américaine, on est d’abord un peu perdus. Il y a l’alternance entre les périodes : celle des équipes et celle du solo. Il y a aussi les noms (surnoms) des 12 candidats pas toujours faciles à situer. Et, pour finir, il y a la cassure. Le moment où l’histoire bascule extrêmement difficile à négocier pour un écrivain. C’est là où il ne faut pas perdre son lecteur, où il faut rester cohérent tout en glissant vers une autre vision. De ces écueils, A. Olivia s’en sort plutôt bien. Le sujet est original et parvient assez vite à fixer l’attention. De l’action, de l’adrénaline, des souffrances physiques et morales, on est de plein pied dans l’ambiance. Ça se gâte un peu, cependant après le « glissement ». La crainte d’en dire trop diffuse une ambiguïté un peu trop appuyée. Quant à la fin…c’est simple, on se demande où sont passées les dernières pages ! Vraiment dommage parce que dans l’ensemble, ce thriller tient ses promesses.